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Biodiversité des sols : 3 entretiens

Ingénieuse biodiversité des sols

Dans un hectare de sol cultivé, un entrelacs de racines abrite 1,5 tonnes de bactéries et 3,5 tonnes de champignons microscopiques. Sans compter les vers de terre, insectes, acariens… et toute une faune qui peut peser de 1 à 5 tonnes ! Cette biodiversité très riche fait la valeur de nos sols, participe à leur fertilité et contribue donc à la qualité de notre alimentation. Élément clé du bon fonctionnement de notre environnement, elle favorise la régulation du climat, le stockage du carbone, la qualité de l’eau… Interviews vidéos.

Par Ludovic Piquemal - Nicole Ladet
Mis à jour le 04/12/2018
Publié le 04/12/2018

Le sol est au carrefour du bon fonctionnement de notre agriculture, de notre alimentation et de notre environnement… S’il a longtemps été vu comme un support inerte, son patrimoine biologique est aujourd’hui apprécié pour tous les services qu’il rend aux communautés humaines. À l’Inra, il mobilise de nombreux chercheurs. Dans cette interview vidéo Pierre-Alain Maron, Inra Bourgogne Franche-Comté, Mickaël Hedde, Inra Occitanie-Montpellier et Antonio Bispo, Inra Val de Loire en livrent quelques enjeux qu’ils partageaient lors du Carrefour de l’Innovation agronomique sur la fertilité biologique des sols, le 18 octobre dernier.

Mieux connaître la diversité biologique des sols

Les microorganismes telluriques jouent un rôle fondamental dans la fertilité biologique des sols, à la fois par leurs fonctions de décomposeurs et par les symbioses qu’ils établissent avec les racines des plantes. Une forte biodiversité favorise le développement des plantes et des cultures, mais aussi la fixation de C02 - c’est-à-dire le stockage du carbone -, et fait barrière aux pathogènes. Elle assure aussi des fonctions de dépollution.
La faune joue un rôle similaire. Par exemple, les lombrics améliorent par leur travail la structure du sol et favorisent la circulation de l’air et de l’eau. Ils participent à la régulation des adventices concurrentes des cultures en enfouissant leurs semences, ce qui empêche leur germination. Or en 50 ans, les terres de grandes cultures ont perdu 30 % de leur diversité lombricienne.
Mieux connaître et mieux comprendre la diversité biologique des sols est essentiel pour entretenir la qualité des sols, ainsi que pour préserver ou même favoriser les services qu’ils rendent. Pour cela, on doit mieux connaître non seulement la diversité des espèces peuplant un sol mais aussi la diversité des fonctions qu’elles assurent : on parle de biodiversité fonctionnelle. Beaucoup d’interactions sont à étudier, et en particulier les interactions avec les plantes et les réseaux trophiques.

Du bioindicateur au biostimulant

La nature de la biodiversité présente dans un sol renseigne aussi sur l’état de ce dernier. Les nématodes, par exemple, sont d’excellents bioindicateurs. Ils peuvent témoigner de contaminations en indiquant la présence de pesticides ou de métaux dans les écosystèmes, ainsi que leurs effets.
Ils peuvent également retracer les effets de certaines pratiques agricoles. Des pratiques comme l’agroécologie favorisent la biologie des sols avec des rotations allongées, des techniques de travail du sol moins perturbantes qu’en labour profond et l’utilisation de microflore utile : légumineuses et leurs symbiotes qui fixent l’azote atmosphérique et le rendent disponible pour les plantes.
Pour renforcer la vie des sols, certaines pistes d’innovation s’attachent à trouver des « biostimulants », tels que des apports de microorganismes, d’extraits d’algues, etc. Un des enjeux de recherche est de passer d’indicateurs de risques environnementaux (érosion, pesticides…) à des indicateurs de performance environnementale. Un autre est de travailler sur la question du passage aux acteurs… La R&D accompagne l'actuelle transition agroécologique : il s’agit de créer des outils de pilotage pour aider les agriculteurs à atteindre leurs objectifs.

Décoder l’ADN des sols

Plus de biodiversité, c’est moins de risques. La gestion des sols passe par une complémentarité entre analyses physico-chimiques et analyses biologiques des sols. Parmi les outils, les bioindicateurs et référentiels sensibles aux pratiques agricoles. Actuellement, le Réseau de Mesures de la Qualité des Sols (RMQS) échantillonne 2200 sites en France (1 point tous les 16 km). L’information sur les sols de France est accessible à tous sur le site internet du GIS Sol. Depuis 2006, il mesure l'abondance et la diversité des microorganismes et des bactéries sur ces sites, grâce à l'ADN du sol.
Les perspectives sont d’accroître les données collectées avec, pourquoi pas, le recours aux sciences participatives. « Nous devons partager la connaissance de la biodiversité des sols avec l’ensemble de la société civile » soulignait Thierry Caquet, directeur scientifique « Environnement » de l’Inra en conclusion du colloque.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Pierre-Alain Maron UMR Agroécologie
  • Mickaël Hedde UMR Eco&Sols
  • Antonio Bispo Unité Infosol
Département(s) associé(s) :
Environnement et agronomie
Centre(s) associé(s) :
Val de Loire, Occitanie-Montpellier, Dijon Bourgogne Franche-Comté

Le colloque

Fertilité biologique des sols

De la connaissance de la biologie des sols et de ses fonctions, à son pilotage.  Ce carrefour de l’innovation agronomique était organisé par l’Inra, en partenariat avec l'Ademe et l'AFB, le 18 octobre 2018, à Dijon.