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La formation et l’évolution des comportements et des préférences alimentaires des jeunes enfants

Le projet européen HabEat  (2010-2014), coordonné par l’Inra de Dijon et réunissant 10 partenaires, nous a aidés à mieux comprendre comment les comportements alimentaires et les préférences alimentaires se forment durant les premières années de la vie. Un colloque fait le point sur les résultats obtenus les 31 mars et 1er avril 2014 à Dijon.

Enfant qui mange. © ©_zest_marina_-_Fotolia_40253342
Mis à jour le 03/04/2014
Publié le 31/03/2014

En matière de comportements et de préférences alimentaires, même si tout n’est pas joué à la fin de la petite enfance, les deux premières années revêtent une grande importance dans le développement des comportements alimentaires chez l’enfant, avec notamment une période charnière au moment de la diversification.

 

Quatre grandes cohortes européennes étudiées, avec près de 25 000 dyades mères-enfants

Le projet collaboratif HabEat visait à mieux comprendre les déterminants de la formation des habitudes alimentaires à travers deux approches différentes : épidémiologique d’une part et expérimentale d’autre part.

Concernant les travaux épidémiologiques, les équipes impliquées dans HabEat ont exploité les données provenant de quatre grandes cohortes européennes, afin de répondre à des questions communes concernant en particulier la diversité du répertoire alimentaire à différents âges et l’acceptation des légumes à diverses périodes de la mise en place du répertoire alimentaire.

-          ALSPAC (UK), avec des mères recrutées vers 1991-1993, un suivi jusqu’à 13 ans, pour environ 14 000 dyades mère-enfant

-          EDEN (FR), avec des mères recrutées vers 2003-2006, un suivi jusqu’à 5 ans, pour environ 2 000 dyades mère-enfant

-          Generation XXI (Portugal), avec des mères recrutées vers 2005-2006, un suivi jusqu’à 4 ans, pour environ 8 000 dyades mère-enfant

-          Une partie de Europrevall (partie grèque), avec des mères recrutées vers 2005-2007, un suivi jusqu’à 30 mois, pour environ 1 000 dyades mère-enfant.

La partie expérimentation a comporté deux volets. Le premier, axé principalement sur les mécanismes clés de l’apprentissage, concernait les enfants de la diversification à l’âge de trois ans. Le second axe visait à étudier différentes stratégies afin d’observer s’il est possible, au-delà de trois ans et jusqu’à cinq ans, d'augmenter la consommation de légumes.

 

Des recommandations aux professionnels de la petite enfance

Les principaux résultats obtenus sont les suivants :

- Les enfants allaités plus longtemps (durée supérieure à 6 mois) consomment ensuite plus de fruits et légumes.

- L’introduction d’une variété de légume (sous forme de purée) au début de la période de diversification favorise l’acceptation de nouveaux légumes à court ou moyen terme.

- Le fait de présenter plusieurs fois (exposition répétée) un aliment nouveau (notamment les légumes) est suffisant pour augmenter sa consommation par l’enfant. Toutefois, offrir de façon répétée un aliment déjà familier à des enfants entre 3 et 6 ans pour en augmenter la consommation ne s’avère pas efficace.

- Il est difficile par ailleurs d’augmenter la consommation de légumes pour des enfants plus âgés (3-6 ans). Une stratégie acceptable peut être de leur laisser le choix parmi plusieurs légumes.

- Dès l’âge de 3 ans, certains enfants peuvent surconsommer (en moyenne) quand ils sont mis dans des situations d’incitation, en particulier si on leur propose un encas avant le repas ou des aliments appréciés après le repas, ce qui pourrait prédisposer à un surpoids ultérieur.

 

Les résultats scientifiques obtenus seront traduits en recommandations qui seront adressées notamment aux professionnels de la petite enfance, aux pédiatres, aux décideurs politiques chargés de définir la politique nutritionnelle, mais aussi aux industriels de l'agro-alimentaire.

 

HabEat était financé par la commission européenne dans le cadre du 7e PCRDT pour une durée de quatre ans via le contrat n°FP7-245012. La filiale de l'Inra, Inra Transfert SA, était responsable du management administratif, logistique et financier.

 

Les partenaires de HabEat : 

INRA – Institut National de la Recherche Agronomique, France

DLO-FBR - Stichting Dienst Landbouwkundig Onderzoek, the Netherlands

INSERM - Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, France

ULeeds - The University of Leeds, United Kingdom

WUR - Wageningen Universiteit, the Netherlands

UCPH - Københavns Universitet, Denmark

UCL - University College London, United Kingdom

UPORTO - Universidade do Porto, Faculdade de Medicina, Portugal

HUA - Harokopio University, Greece

UNIBRIS - University of Bristol, United Kingdom

IT - INRA Transfert SA, France

 

Plus d'infos sur le site du projet HabEat : http://www.habeat.eu/

Une page pour les parents : http://www.habeat.eu/page.php?a=parents

Contact scientifique : Sylvie Issanchou, UMR CSGA (Dijon)