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Pollinisation des féveroles : les bourdons à la rescousse !

Entre début mai et mi-juin 2019, au Domaine expérimental d’Epoisses (21), l’équipe « Espèces Cibles Protéagineux » du Centre Inra Bourgogne-Franche-Comté (pôle GEAPSI de l’UMR Agroécologie) a utilisé près de 2 000 bourdons pour polliniser des plantes de féveroles, une espèce de légumineuse largement étudiée au sein de l’UMR. Intérêt ? Multiplier les lignées et maximiser le rendement en graines tout en assurant la pureté génétique.

L'Unité expérimentale Inra d'Epoisses, à Bretenière, utililse des bourdons pour polliniser des plantes de féveroles. © Chrystel Deulvot
Par Ludovic Piquemal
Mis à jour le 05/09/2019
Publié le 04/09/2019

Contrairement à d’autres légumineuses comme le pois protéagineux, la féverole est allogame. Cela signifie que chaque plante est fécondée par le pollen d’une autre plante. Dans la nature, cette fécondation se fait en grande partie grâce à l’action des insectes pollinisateurs. C’est ce dernier procédé que les chercheurs ont retenu pour assurer la reproduction d’un grand nombre de plantes d’une même lignée. Le bourdon devient le nouvel allié du sélectionneur pour une fécondation des plantes à haut débit ! Voici comment.


Sur le Domaine Expérimental de l’Inra (120 hectares), en plein champ, une quarantaine de cages couvertes par des toiles « insectproof », ont été installées au printemps. Elles ont permis d’isoler les lignées de féveroles en cours de sélection et ainsi de s’affranchir des inter-croisements réalisés naturellement par les insectes pollinisateurs. A l’intérieur de chacune de ces cages de 18m², les chercheurs ont placé 50 bourdons pour assurer le transfert de pollen d’une féverole à l’autre. Résultat : l’obtention de lignées pures et un stock de graines suffisant pour la recherche et les programmes de sélection variétale. Et avec et un gain de temps important !

Ruches installées dans des cages de toile pour favoriser la pollinisation des féveroles par les bourdons.. © Inra, Chrystel Deulvot
Ruches installées dans des cages de toile pour favoriser la pollinisation des féveroles par les bourdons. © Inra, Chrystel Deulvot


En effet, cette méthode de fécondation avec des pollinisateurs « confinés » est une alternative à la pollinisation manuelle (déclenchement des fleurs, ou « Flower tripping ») plutôt réservée aux petits effectifs de plantes. Elle est utilisée dans le cadre du programme LAGoPEDE « Des Légumineuses A Graines PErformantes pour l’agriculture de DEmain », qui s’intéresse à la diversification de l’offre variétale en pois et en féverole.


Mais pourquoi faire travailler des bourdons plutôt que des abeilles ? « Le bourdon terrestre, Bombus terrestris ou communément appelé « cul blanc », est un auxiliaire plus efficace que l’abeille domestique. Il a une épaisse fourrure qui retient mieux le pollen. Il est aussi plus lourd, ce qui facilite l’ouverture des fleurs, et sa langue est plus longue que celle de l’abeille. Enfin, il est moins frileux ! Il butine à partir de 5°C contre 15°C pour l’abeille », explique Chrystel Deulvot, ingénieure en innovation variétale au sein de l’UMR Agroécologie. 


Une fois leur travail de pollinisation accompli dans les cages, les bourdons ont goûté une retraite bien méritée. Les ruches, indispensables à leur survie, ont été déplacées dans une parcelle fleurie du domaine d’Epoisses pour leur permettre de continuer leur vie en toute tranquillité.