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ASN Awards Recognition and Danone International Prize for Alimentation Lecture © ASN Awards Recognition and Danone Internation

Sophie Nicklaus, lauréate du Danone International Prize for Alimentation, pour ses travaux sur le comportement alimentaire des enfants

Encourager une alimentation saine grâce au plaisir de manger, et ce dès le plus jeune âge. Pour ses recherches pionnières dans le domaine de l’alimentation chez les enfants, Sophie Nicklaus, directrice de recherche à l’Inra, a été récompensée par le tout premier Prix International Danone pour l’Alimentation (DIPA), en marge du congrès annuel de l'American Society for Nutrition à Boston aux États-Unis1 le 11 juin 2018. Il s’agit de la première édition de ce prix international décerné en reconnaissance d'approches remarquables, novatrices et collaboratives en vue d'améliorer la santé à travers l'alimentation et de développer des stratégies efficaces pour une alimentation saine.

Mis à jour le 13/06/2018
Publié le 12/06/2018
Mots-clés :

Sophie Nicklaus, directrice de recherche Inra au Centre des sciences du goût et de l’alimentation (CSGA) à Dijon est la toute première lauréate du Danone International Prize for Alimentation (DIPA). Elle est récompensée pour ses travaux novateurs sur les comportements alimentaires sains susceptibles de nous amener à repenser la manière dont nous alimentons nos enfants. Elle déclare : « Nous devons donner les moyens aux parents et aux enfants de faire des choix alimentaires sains tout au long de la vie. Il ne suffit pas simplement d'aider les enfants à identifier les aliments sains et de les encourager à les manger. Nous devons également prendre en compte les autres facteurs qui influencent considérablement ces choix alimentaires. »
Parmi les résultats marquants obtenus par Sophie Nicklaus dans ses différentes thématiques de recherche :

Le pouvoir du plaisir

L'un des moteurs de nos choix alimentaires est le plaisir. Les travaux de Sophie Nicklaus ont démontré que les enfants apprennent à tirer plaisir des aliments à travers leurs premières expériences gustatives – à partir de leur exposition au goût, à l'apparence, à la texture et à la saveur des aliments sains, à travers l'expérience positive de la socialisation lors des repas en famille et entre amis et en développant des attitudes positives envers les aliments. Et une fois qu'un enfant aime un aliment, cette préférence le suit dans sa vie adulte.

Un changement dans la période et la manière de diversifier l’alimentation des nourrissons

Les premières années d'un enfant représentent une période cruciale pendant laquelle les parents peuvent l'orienter sur le chemin d'une alimentation saine. Apprendre à aimer les aliments sains est un processus qui peut prendre du temps et nécessite de la patience. Les parents ne devraient pas baisser les bras dès que leur enfant rejette un aliment particulier. Au fur et à mesure du développement des nourrissons et des jeunes enfants, ceux-ci peuvent apprendre à aimer le goût d'un aliment sain s'ils y sont exposés à plusieurs reprises : cela vaut la peine de présenter à un enfant un aliment particulier jusqu'à 10 fois avant de relâcher la pression.
Le fait d'introduire des textures dans l'alimentation suffisamment tôt au cours de la première année aide les jeunes enfants à apprendre à mâcher et à oser essayer davantage de nouveaux aliments. De récents travaux menés par Sophie Nicklaus ont ainsi révélé qu'un enfant peut recevoir des aliments grumeleux et coupés en petits morceaux très tôt, dès 8 mois environ, alors que la plupart des parents attendent que l'enfant ait un an (car ils ont peur du risque d'étouffement).

Laissez-les décider des quantités

La plupart des enfants ont une capacité innée à savoir quand ils n'ont plus faim et doivent arrêter de manger. Une suralimentation répétée peut perturber ce mécanisme naturel et faire que l'enfant ne sache plus quand s'arrêter. Cela peut même commencer avant la diversification, et à 3 ans, certains enfants ont déjà des difficultés à contrôler leur appétit. Il est donc important pour les parents de chercher et de reconnaître les signes que leur enfant a assez mangé et de leur faire confiance.

Pour les plus grands : des aliments sains... et bons

Pour les enfants plus grands, le défi des parents est de présenter les aliments sains comme sources de plaisir. Ces aliments doivent donc avoir une apparence attrayante et un bon goût. Dans l'idéal, ils doivent être perçus comme aussi désirables que les aliments moins sains. Et cela passe par le recours aux aliments sains lors de célébrations dans la famille comme les fêtes d'anniversaire, des discussions sur des faits intéressants à propos d'un aliment, par exemple d'où il vient et quel goût il a, et l'implication des enfants dans la préparation des aliments. De plus, le fait de toujours avoir des aliments sains à portée de main à la maison encourage les enfants à se servir lorsqu'ils rentrent affamés de l'école et étaye leur place au cœur de l’alimentation familiale.

Mais ce qui est sûr, c'est qu'il faut éviter de vanter aux enfants les effets d'un aliment pour la santé. « La pire des choses à faire est de dire à un enfant : « Mange ça parce que c'est bon « pour la santé », explique Sophie Nicklaus, car dans la plupart des cas, les enfants en concluent que les aliments sains ont mauvais goût. Cela peut les décourager de manger tout aliment étiqueté comme étant sain. »

1. Nutrition 2018, le congrès annuel de l'American Society for Nutrition, se tient à Boston, aux États-Unis, du 9 au 12 juin 2018. https://meeting.nutrition.org/

Contact(s)
Contact(s) presse :
Inra service de presse (01 42 75 91 86), Institut Danone (06 11 48 50 45)
Département(s) associé(s) :
Alimentation humaine
Centre(s) associé(s) :
Dijon Bourgogne Franche-Comté

Bio express

Sophie Nicklaus est directrice de recherche Inra au Centre des sciences du goût et de l'alimentation (CSGA - Inra, CNRS, AgroSup Dijon, Université Bourgogne Franche-Comté).
Ingénieur agronome INA-PG (Institut national agronomique Paris-Grignon) et docteur en sciences de l’alimentation, Sophie Nicklaus étudie la formation du comportement alimentaire de l’enfant. En 1998, elle démarre sa carrière à l’Inra par des travaux d’analyse sensorielle. Elle développe ensuite des recherches sur la mise en place des préférences alimentaires chez le nourrisson et le jeune enfant. Aujourd’hui, elle dirige l’équipe ‘Déterminants du comportement alimentaire au cours de la vie, lien avec la santé’ du CSGA. Elle a notamment coordonné le projet OPALINE : Observatoire des préférences alimentaires du nourrisson et de l’enfant (ANR 2006-2010). Elle a également participé au projet européen HabEat (2010-2013) sur les facteurs et les périodes critiques dans la formation des habitudes alimentaires chez l’enfant de moins de 6 ans. Actuellement, elle coordonne le projet ANR PUNCH : Promoting and UNderstanding Healthy food choices in children (2016-2020).