Tram, gazon et champignons

Limiter les tontes et les arrosages avec des symbioses racinaires. Une expérience d'agroécologie appliquée sur les rails du tram dijonnais.

. © Inra
Mis à jour le 19/06/2014
Publié le 29/04/2014

Ce printemps, l’équipe « mycorhizes » de l’UMR Agroécologie (UMR AgroSup Dijon / Inra /Université de Bourgogne) a lancé une expérimentation grandeur nature sur une portion du tram, en collaboration avec le jardin des sciences, la ville de Dijon et le Grand Dijon. L’idée est de tester, sur la voie de tramway, où la profondeur de terre est très réduite et où les conditions sont difficiles pour le gazon, l’effet bénéfique de la mycorhization et/ou de bactéries du sol. En partant tout simplement de la constatation suivante : « les végétaux mycorhizés s’adaptent mieux et nécessitent moins d’entretien et d’arrosage ». Deux mélanges de semences (en partenariat avec les sociétés DLF France et Naturalis) sont testés avec plusieurs modalités et combinaisons d’inoculas (en partenariat avec la société Agronutrition). Des comparaisons par exemple seront faites entre des inoculas locaux (bactéries extraites du sol du campus) ou exogènes, avec bactéries seules, champignons seuls ou associations.

Le but est d’arriver à la fois à limiter les tontes et les arrosages.

L’essai a été lancé fin avril, de nuit (pour des raisons de sécurité liée au passage des trams), avec le décapage de l’ancienne couche de gazon et un ensemencement modulaire approprié. Une vingtaine de personnes étaient mobilisées, avec une logistique impressionnante. Michel Bourgeois, un stagiaire de l’université de Bourgogne en licence professionnelle, Annie Colombet et Odile Chatagnier (deux techniciennes de recherche de l'UMR Agroécologie), suivent l’opération sous la responsabilité conjointe d’Agnès Fougeron (Jardin des sciences) et Daniel Wipf (UMR Agroécologie). L’essai au final devrait perdurer une à deux années pour un suivi optimum dans le temps. Une signalétique sera installée aux abords de l’essai.

Le Jardin des sciences (Parc de l'Arquebuse), où sont menées d’autres expérimentations didactiques, ensemencera par ailleurs quelques-unes de ses plates-bandes (notamment pour des espèces légumières ou de grande culture) pour montrer aux visiteurs du Jardin l’effet des mycorhizes sur la croissance et la vigueur de ces plantes.

 


Réunion de "chantier" dans la nuit de la mise en place de l'expérience...

 

Un mini reportage photo :

 

1) Prélèvement de carotte de sol du campus dijonnais, pour isolement et amplification de bactéries bénéfiques locales

2) Carotte de sol du campus

3) Préparation des inocula bactériens et mycorhiziens et des lots de semences pour les 120 conditions testées

4) Première nuit : décapage de l'ancien gazon

5) Une voie décapée

6) Deuxième nuit : réunion de chantier

7) Inoculation et ensemencement

8) Finalisation de la parcelle