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2016 Année internationale des légumineuses à graines

La recherche en pointe sur le Centre Inra de Dijon

. © Inra
Mis à jour le 05/01/2016
Publié le 04/01/2016
Mots-clés :

Dans le contexte actuel de nouvelles attentes sociétales pour une agriculture et une société prenant mieux en compte les aspects environnementaux, les légumineuses à graines (comme le pois, la féverole, le soja, la lentille, le haricot..), ont vu l’intérêt de leurs cultures et de leurs utilisations renouvelé. 

Au plan de la production, cette famille de plantes a la capacité d’établir sur leurs racines une symbiose avec des bactéries du genre rhizobium qui leur permet d’utiliser l’azote atmosphérique et ainsi de réduire le recours aux engrais azotés dans les rotations ou les associations d’espèces. Cette propriété est un facteur de réduction des importantes émissions de gaz à effet de serre liées à l’utilisation des engrais azotés de synthèse en agriculture. Les légumineuses présentent aussi une possibilité de diversification et d’innovation en matière culturale,  réduisant la pression de certains bioagresseurs dans les rotations et améliorant la qualité des sols. Au plan de la consommation, les graines de légumineuses sont riches en protéines et en nutriments de valeur pour l’alimentation humaine ou animale.

En agriculture, les coûts énergétiques, la consommation d’eau, l’occupation de terrain et la production de gaz à effet de serre associés aux activités agricoles sont beaucoup plus élevés lors de production de protéines animales que pour celles de protéines de graines de légumineuses. Ces aspects encore méconnus il y a une dizaine d’années, rentrent petit à petit dans notre paysage culturel, dans le cadre de l’agroécologie, avec en toile de fond une demande croissante pour les ressources en viande mondiales qui ne peuvent pas se démultiplier. Différentes recommandations nutritionnelles préconisent d’augmenter notre consommation de légumineuses à graines. Pourtant celle-ci reste faible en quantité et seulement un tiers de la population française en est consommatrice.

 

Des aspects alimentaires en ligne de mire

Parmi les espèces cultivées, les graines de légumineuses sont les plus riches en protéines (entre 22 et 37% de la matière sèche). Ces protéines ont une bonne valeur nutritionnelle et en termes de composition en acides aminés elles sont complémentaires à celles des céréales. Ces graines présentent un faible indice glycémique du fait des caractéristiques de leurs réserves carbonées (glucides complexes, fibres, lipides). Elles sont par conséquent bénéfiques sur les lipides circulants et grâce à leur teneur en composés bioactifs (par ex polyphénols), en minéraux et en vitamines. Ainsi, Les bénéfices « santé » les mieux documentés concernent surtout la santé cardiovasculaire ou le risque de diabète de type 2. Par ailleurs, les produits issus de légumineuses peuvent être des sources de protéines alternatives intéressantes pour certaines catégories de populations, car peu riches en graisses saturées.

Manger une à deux fois par semaine une part de légumineuses  constitue une opportunité alternative à des portions de viande, permettant un apport alimentaire bénéfique au sein d’un régime équilibré. Lors de la journée internationale des légumineuses à graines, le 6 janvier 2016, les agents du Centre Inra se verront ainsi proposer un repas à base de légumineuses.

 

 Les compétences de l’Inra de Dijon

De grands programmes de recherche sur les légumineuses sont en cours et pilotés par le Centre Inra de Dijon (UMR Agroécologie), qui est le centre de référence en la matière : séquençage du génome de légumineuses, Investissement d’Avenir PeaMust, Programme Européen Legato, avec en vue notamment des améliorations variétales pour adapter ces cultures aux contraintes environnementales, agronomiques, économiques et technologiques : les projets menés par l’UMR Agroécologie, visent à définir des cibles et développer des méthodes et outils pour la sélection de variétés au rendement plus élevé et plus stable, adaptées aux process technologiques et capables d’optimiser  le fonctionnement des symbioses avec les microorganismes du sol. L’enjeu est de les rendre compétitives économiquement face aux autres grandes cultures afin d’augmenter leur surface cultivée.

Les collections nationales de ressources génétiques de pois, féveroles  et lupins, sont entretenues et caractérisées à l’Inra de Dijon. Ce sont près de 5000 lignées pour le pois, 1500 pour la féverole et  1000 pour les lupins qui sont conservées. De récentes avancées en génomique vont permettre d’accélérer le processus de sélection. Les technologies de  de séquençage à haut-débit ont permis aux équipes dijonnaises de développer des ressources majeures chez le pois permettant une évolution vers l’identification plus aisée de gènes d’intérêt chez le pois et vers la sélection assistée par marqueurs.

 

Un colloque international au printemps à Dijon

L’Inra , le Cirad, Terres Inovia et Terres Univia se sont associés pour organiser les 1ères Rencontres Francophones sur les Légumineuses les 31 mai et 1er juin 2016 sous forme d’un colloque international francophone à Dijon. Ces deux journées d’échanges traiteront de la place des espèces légumineuses dans les filières agro-alimentaires. Les légumineuses à graines et fourragères seront considérées pour leurs débouchés en alimentation humaine ou animale. Les journées permettront :

-de construire des échanges sur la place et la valeur multi-critères des légumineuses, de l’amont de la production à l’aval de l’utilisation, dans le cadre de conférences plénières, de tables rondes, d’ateliers et de sessions informelles,

-d’organiser la présentation d’innovations et de proposer des rendez-vous d’affaires en associant des scientifiques et des acteurs économiques des filières des légumineuses à graines et fourragères.

 

Site web : https://www.b2match.eu/rencontres-francophones-legumineuses

 

Face au défi de la croissance de la population mondiale et des besoins alimentaires associés, une consommation accrue de légumineuses à faible coût de production et à forte valeur environnementale, peut contribuer à des systèmes d’alimentation sûrs, sains et durables tout en assurant des services écosytémiques.

 

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