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Une odeur non‐consciemment perçue peut avoir un impact sur les intentions de choix alimentaire.

Une part significative de nos comportements et de nos choix alimentaires est influencée par des processus non‐conscients. Deux études ont été réalisées et pour la première fois, nous avons montré qu’une odeur de fruit (melon / poire) non‐consciemment perçue avait un impact sur les intentions de choix chez des adultes, guidant leurs choix vers des fruits ou des légumes.

Etalage de melons sur un marché. © MANSION Nathalie
Mis à jour le 08/08/2014
Publié le 19/06/2014

Nous effectuons quotidiennement un grand nombre de choix alimentaires, sans doute davantage sous-tendus par des processus non‐conscients que conscients. Afin d’approcher ces processus, nous avons utilisé un paradigme d’amorçage. Ce paradigme, classiquement utilisé en psychologie cognitive, repose sur le fait que la perception d’un stimulus (l’amorce), qu’elle soit consciente ou non, peut entrainer une modification du traitement d’un autre stimulus (la cible), et aboutir à une modification du comportement. Concrètement, 115 participants sont venus participer à notre étude sous un faux prétexte afin de ne pas attirer leur attention sur la présence de l’amorce. Tous les participants, patientaient dans une salle d’attente odorisée soit avec une odeur de melon soit de poire, ou bien non-odorisée. Suite à cette exposition, nous examinions les choix des participants concernant les aliments proposés sur un buffet afin de composer leur déjeuner.

Nous avons montré qu’une odeur de melon non‐consciemment perçue peut activer de manière très spécifique le concept de l’aliment correspondant à l’amorce. De plus, les résultats indiquent que l’exposition incidente à une odeur de melon ou de poire a un impact sur les intentions de choix des participants : les participants exposés à l’odeur de melon ont tendance à choisir plus souvent une entrée à base de légumes, et les participants exposés à l’odeur de poire choisissent significativement plus souvent un dessert contenant des fruits, comparés aux individus des groupes contrôles. L’odeur de melon ou de poire pourrait activer des représentations mentales correspondant au contexte de consommation de ces fruits : « entrée à base de fruits ou légumes » dans le cas du melon souvent consommé en entrée, et « dessert fruité » dans le cas de la poire. Une suite logique à ces premiers travaux a été d’étudier ces effets d’amorçage olfactif sur des choix alimentaires en situation réelle de consommation. Ainsi, les résultats indiquent que des participants incidemment exposés à une odeur de poire choisissent significativement plus le dessert contenant des fruits, à l’occasion d’un repas pris au laboratoire, par rapport à des participants non‐exposés.

 

Contact : Stéphanie Chambaron. UMR CSGA