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L'importance de la petite enfance dans la formation des préférences alimentaires


© inra, C Maître
Une part importante des recherches menées à l'INRA sur les préférences alimentaires porte sur la compréhension des comportements alimentaires des enfants.

 

Le système gustatif est stimulé dès la fin de la gestation par les substances sapides du liquide amniotique et sa maturation se poursuit jusqu’au milieu de l’enfance. Les préférences alimentaires des enfants seraient plus influencées par la saveur des aliments que celles des adultes (notamment par l’amertume).

Les travaux menés dans différentes cultures, appuyées sur l’étude des mimiques faciales ou des mesures d’ingestion indiquent que le nouveau-né peut manifester dès les premières heures de la vie, de façon cohérente et analysable, qu’il perçoit les saveurs.

Mais en matière de goût tout ne se joue pas autour de la naissance. Le goût s’éduque durant l’enfance, puis s’affine et se cultive tout au long de la vie. Le développement des préférences gustatives est fortement modulé par l’expérience.

  

Dernièrement, une étude originale menée par des chercheurs de l’INRA et de la Faculté de Médecine de Dijon a permis de montrer l’importance de la petite enfance pour l’acquisition des préférences alimentaires.

L’étude des choix alimentaires à 2-3 ans révèlent les «goûts enfantins»: attraction pour les féculents et la viande, évitement des légumes. Cependant les goût sont déjà très variés à cet âge. On observe aussi que les enfants qui ont été allaités au sein plus longtemps ont des préférences plus stables et consomment une plus grande variété d’aliments (notamment de légumes). Cet effet pourrait être lié à l’influence des flaveurs des différents aliments ingérés par la mère qui passent dans le lait maternel et que le nourrisson percevrait, et à des attitudes concernant l’alimentation infantile différentes chez les mères qui allaitent plus longtemps.

Les mêmes enfants ont été revus des années plus tard. Il ressort de cette étude que les choix alimentaires à 2-3 ans sont un facteur prédictif des préférences jusqu’au début de l’âge adulte. Au cours de l’enfance et de l’adolescence, certaines préférences évoluent positivement (légumes cuits, crudités, fruits et plats composés) ou négativement (féculents, produits animaux chez les filles). Ceci peut être du à l’évolution des perceptions sensorielles ainsi qu’à l’influence de facteurs symboliques et sociaux.

  

 

Les études actuelles portent sur la formation des préférences au tout début de la vie. Elles cherchent à apporter des réponses aux questions suivantes :

  • l’exposition sensorielle du fœtus et du nourrisson influence t-elle le développement des préférences alimentaires de l’enfant ?
  • La présentation d’une plus large variété alimentaire à l’étape de la diversification, favorise-t-elle l’acceptation d’une grande variété d’aliments à l’âge de deux ans ?
  • Les aversions précoces et stables pour certains aliments peuvent-elles être reliées à une plus grande sensibilité aux composés aromatiques et sapides présents dans ces aliments?
  • Quelle est la part du contexte familial dans le développement des préférences et aversions alimentaires des enfants?

Pour étudier ces questions, un Observatoire des préférences alimentaires du nourrisson et de l’enfant (OPALINE) a été mis en place à Dijon. Le suivi détaillé de l’alimentation de la mère et de l’enfant de la fin de la grossesse jusqu’à l’âge de deux ans nous permettra de répondre à ces questions.

 

Rédacteur : gs, sn
Date de création : 24/05/2006
Date de dernière mise à jour : 10/08/2009

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